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Chris Liverani, Unsplash
Bilan DATA après 6 journées de L1

Commençons d'abord par le classement corrigé par les Expected Points (calculés en fonction des expected goals et expected goals against de chaque équipe) :

  1. Lyon - 15,1 pts
  2. Lens - 14,4
  3. PSG - 12,6
  4. Rennes - 10,6
  5. Montpellier - 9,9
  6. Lille - 9,9
  7. Brest - 9,9
  8. Angers - 9,3
  9. Monaco - 9,2
  10. Bordeaux - 7,4
  11. Nimes - 7,2
  12. Lorient - 7,2
  13. Strasbourg - 7,1
  14. Metz - 6,8
  15. Marseille - 6,4
  16. Nantes - 6,4
  17. Saint-Etienne - 5,6
  18. Nice - 5,4
  19. Reims - 4,2
  20. Dijon - 2

Constatons d'abord que Lyon, en dépit de son fond de jeu déplorable, aurait dû prendre plus de points. Son calendrier clément et ses 115 tirs (Paris deuxième avec 90) auraient dû lui offrir davantage de buts, et donc de points. Et même si ces tirs sont souvent médiocres (tête sur un centre hasardeux, tirs sur bloc bas devant une forêt de joueur), une fois cumulés leurs xG grimpent nécessairement.

Ensuite on peut dire que les bons débuts de saison de Lens, Rennes et Montpellier n'ont rien à voir avec la chance. Ils ne sur-performent pas. A l'inverse de l'OM, Sainté et Nice qui doivent davantage leur place à des faits de jeu favorables qu'un projet solide et cohérent.

A l'opposée, on peut espérer que Lorient et Strasbourg remontent rapidement dans le classement. Deux équipes qui ont encaissé un nombre de buts disproportionnées par rapport au nombre d'occasions concédées.

Enfin, bien peu d'espoirs en ce début de saison pour Reims et Dijon qui occupent malheureusement une place logique par rapport à ce qu'ils proposent sur le terrain.

La possession

Le débat est aussi ancien que le foot. Faut-il avoir le ballon pour gagner un match est en réalité une question dénuée de sens. Ce qu'il est plus intéressant de savoir c'est : le fait d'avoir ou non la possession est-il un choix tactique délibéré et cohérent avec le projet de jeu ?

Nice (58%) et Lyon (64%) sont sur le podium de la possession. Mais qu'en font-ils ? Pas grand chose, car leur jeu de position est proche du néant. A l'inverse, Montpellier (46%) et Lens (48%), sans abandonner complètement le ballon, ne sont pas dérangés par l'absence de possession. Montpellier évolue dans un bloc médian très compact, pensé pour aspirer l'adversaire avant d'exploser. Quand Lens joue très haut sur remise en jeu et va attendre une passe au latéral pour déclencher un énorme pressing, puis proposer une séquence de jeu offensive percutante en quelques passes.
Paris est quant à elle une équipe qui monopolise le ballon, mais puisqu'elle sait quoi en faire, les résultats suivent automatiquement.

Le taux de possession de ces trois équipes est en accord avec la manière dont ils désirent jouer, et c'est ce qui importe.

1v1 et dribbles

Dans la même veine, il est intéressant de parler du nombre de 1v1. Qu'une équipe comme Paris soit 33 fois par match en position de duel est un choix délibéré : ils sont pourvus de joueurs si techniques qu'ils peuvent faire des différences face à n'importe qui.

En revanche, que Metz soit le leader du championnat en 1v1 (37/match) est beaucoup plus gênant, car mis à part Boulaya, quels joueurs peuvent réellement provoquer un déséquilibre par un dribble pour ensuite amener une situation dangereuse ? Fort peu j'en ai peur.

A l'opposé du classement on trouve Lille avec seulement 19 situations de 1v1 par match. Leur plan de jeu offensif repose bien plus sur des courses progressives et des appels en profondeur, et ça ne les rend pas moins dangereux que Metz, bien au contraire.

Les passes

On voit souvent des commentateurs s'extasier du nombre de passes effectuées par un joueur, mais à l'instar du nombre de kilomètres qui ne nous dit pas si le joueur a couru utilement, c'est non pas la quantité, mais le type de passes réalisées qui nous intéresse.

Une des statistiques les plus intéressantes à ce sujet est la passe clef (ou xA), qui crée immédiatement une situation de but. Brest est deuxième de L1 en xA avec 5/match (Paris 7,5), appuyant cette impression visuelle d'une animation offensive redoutablement dangereuse. Et s'ils ont évidemment de bons passeurs (Charbonnier est un joueur incroyable à ce titre) ce sont également le mouvement incessant en phase offensive qui permet ces passes tranchantes.

Nice qui fait en moyenne 520 passes par match n'est qu'à 2,8 passes clefs par match. Preuve ultime de leur domination stérile. Enfin en queue de classement Marseille et Bordeaux, avec seulement 1,5 xA/match. Un long chemin tactique attend ces équipes pour apporter du danger...