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DATA : Le FC Lorient n'est pas à sa place

Pourquoi le FC Lorient devrait être 10e du championnat ? Sous-performant de 11 points par rapport aux Expected Points, Lorient aurait sans doute pu mieux négocier les quelques mois, en se servant notamment des stats avancées.

1/ Le recrutement

Moffi, Grbic, Laurienté, Chalobah, Gravillon, Boisgard, Morel, le mercato Merlu fut ambitieux et - si l'on enlève le doublon Moffi/Grbic - cohérent et qualitatif. Mais Lorient aurait dû voir que dans ses rangs résidait un point faible, présent déjà en L2.

2/ Le gardien

Paul Nardi était selon la stat goal prevented de wyscout le 26e gardien de L2. Le niveau et l'exigence augmentent, il est aujourd'hui dernier de L1 avec -8,47 buts évités depuis le début de saison.Frustrant quand on sait qu'ils ont venu Meslier à Leeds.

Nardi en L2
Meslier en PL

3/ Le système

4231, 433, 343, 352, 442 Lorient a déjà changé 5 fois de système depuis le début de saison, quand la plupart des équipes alternent entre 1,2,3 systèmes maximum travaillés lors de la préparation, pour que les joueurs puissent conserver des repères.

4/ L'asymétrie des attaques

Le jeu de Lorient penche grandement à droite, avec en moyenne 27 attaques, contre 23 dans l'axe, et 22 à gauche.Or, quand Lorient a attaqué dans un match majoritairement à gauche (Nice, Nimes, Dijon), ils se sont procurés + d'occasions que l'adversaire.

5/ Le turnover

A part Wissa et Abergel, peu de joueur ont la garantie de jouer le weekend. Installer de la concurrence, mais avoir certaines certitudes est bien aussi. Notamment au milieu où pour performer dans la durée, il faut avoir de longues minutes en commun. Lemoine, Chalobah, Le Fée, Monconduit, Boisgard, Marveaux, ils ont le droit chacun leur tour à leur titularisation, pour laisser la place au copain en cas de défaite. Cette instabilité n'aide guère à créer un fond de jeu.

6/ Le score ment

C'est l'une des bases de l'analyse foot par les DATA : le score ne donne presque jamais une indication précise du match. Il faut aller fouiller les chiffres, savoir ce qui a marché, ce qui a fait défaut. A ce titre le match contre Nantes est un parfait exemple.Le 442 très équilibré de Lorient met à mal Nantes. Devant en occasions, devant en xG, Lorient repartira avec une défaite 2-0, et avalé par les doutes, changera à nouveau d'animation et d'hommes.

7/ Coups de pieds arrêtés défensifs

De même Lorient doit absolument travailler les CPA défensifs, car 6 buts encaissés en la matière c'est énorme. Surtout comparés aux 2 buts encaissés par Dijon, ou les 3 buts de Strasbourg, ses concurrents au maintien.

8/ La tactique

Christophe Pélissier tente de s'adapter aux faiblesses supposées de ses adversaires, et c'est tout à son honneur. Néanmoins, il remet en cause des fondements entiers du jeu de Lorient, empêchant toute continuité, interdisant toute cohérence. Lorient a commencé la saison avec des principes simples : défendre en bloc haut-médian dès que c'est possible, presser fort l'adversaire dans son camp, et le punir sur récupération.
C'est ainsi qu'il gagne 3-1 contre Strasbourg à la première journée.

Le FCL continue cette tactique contre Saint-Etienne et Lens mais perd. La raison est relativement simple : il s'agit de deux équipes très à l'aise sous pression, avec des circuits de passes rodés pour casser le pressing adverse.Alors Pelissier change tout.

Lorient passe en bloc bas, abandonne totalement la possession pour tenter de contrer. Ce n'est pas ce qu'il a préparé lors des longues semaines de prépa et le résultat contre Brest, Lyon et Metz est sans appel : deux défaites et un nul.

Forcé de revenir aux fondamentaux, Pélissier se remet à demander à ses joueurs d'être protagonistes, installe le 442 : Lorient reprend le contrôle du ballon (54% de possession) contre Reims, se remet à presser et gagne 3-1.

Sauf que Marseille arrive, et Pélissier en a peur : le bloc bas qui n'a jamais marché revient, on se désintéresse totalement du ballon à nouveau (37% de possession), et l'OM s'impose 1-0.

9/ Conclusion

Lorient n'est pas à sa place, et s'il ne faut pas évacuer la malchance (inefficacité, faits de match), il est probable que le classement du FCL serait meilleur si Pélissier faisait confiance aux principes de base travaillés lors de la préparation.

Lorient n'est pas une équipe de contre (seulement 2 buts marqués en la matière depuis le début de saison), et même si l'opposition s'y prête, ça ne sert à rien de demander quelque chose à son équipe qu'elle ne maitrise pas. Il faut s'en tenir à ce qu'on maitrise.

Tout autant que Lorient (comme nombres d'équipes) gagnerait beaucoup à sortir de la culture du résultat. S'éloigner du biais V/N/D pour au contraire comprendre ce qui fonctionne, ce qui met les joueurs à l'aise, et doit être conservé, y compris après une défaite.