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Fiche de lecture BIG DATA FOOT (Partie 2)

"Un des biais cognitifs les plus communs est appelé "preuve sociale", également connu sous "effet de mode" : des gens font les choses comme il les ont toujours faites parce que tout le monde les fait également.

Pendant longtemps les footballeurs ont été interdits de boire de l'eau pendant les matchs parce qu'on pensait que la consommation de liquide nuisait à la performance. Aujourd'hui on sait que la déshydratation est un risque majeur.

Photo prise par la traductrice du livre : Sophie Serbini

Le monde du foot est plutôt conservateur, souvent borné, et les forces de la preuve sociale y sont plus puissantes qu'ailleurs. S'affranchir des conventions semble très difficile dans le foot. Ceux qui essayent de nouvelles choses mais ne rencontrent pas le succès sont critiqués plus durement que ceux qui suivent tranquillement le troupeau.

Il faut donc saluer les "révolutionnaires". Comme Heidel, manager de Mayence qui luttait en D2 allemande pour ne pas descendre et choisit de nommer en 2001 Jurgen Klopp, 33 ans, qui évoluait encore au sein du club comme défenseur, sans expérience de coach ni diplômes.

En 2009-2010, Heidel limoge Andersen après seulement un match, lui qui pourtant avait fait remonter Mayence en D1. Heidel n'aimait pas son management froid et son manque de communication auprès des joueurs (Andersen deviendra sélectionneur de la Corée du Nord plus tard). Pour remplacer Andersen, il nomma à sa place un parfait inconnu, qui de plus n'avait jamais été joueur à haut niveau : Thomas Tuchel. De plus, il n'avait jamais entrainé une équipe sénior de sa vie, ce qui rendait sa nomination d'autant plus révolutionnaire.

Tuchel est un pur produit des centres de formation allemands pour les entraineurs mis en place au début du XXIe siècle : un système de certification qui garantit des standards très élevés, et offre une compréhension profonde des enjeux tactiques du football.

Nommé, Tuchel a continué d'enfreindre les règles tacites, lui l'arriviste : celle qui veut qu'une équipe n'a qu'une manière de jouer. Tuchel savait au vu de la qualité de son effetif et des moyens de son clubs qu'il serait relégué s'il n'innovait pas. Il décida donc d'être le "miroir" de ses adversaires. Chaque semaine Tuchel faisait travailler ses joueurs dans un nouveau système, qu'il pensait être celui à même de faire déjouer l'équipe adverse.

Tuchel s'est alors rendu compte que ses joueurs n'avaient pas énormément besoin de temps pour s'adapter aux changements tactiques, grâce notamment à un énorme travail vidéo.

Pour mettre à bien ses plans, Tuchel faisait énormément tourner, utilisant les joueurs selon leur profil de jeu, cassant une nouvelle idée reçue : avoir un XI type est essentiel pour gagner.

Sous Tuchel, Mayence a battu énormément de records, se qualifiant même en EL. Néanmoins le plus grand succès de Tuchel est d'avoir déconstruit des idées reçues et d'avoir ouvert la porte aux jeunes entraineurs : Tedesco, Kohfeldt et bien sûr Nagelsmann."