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HBA : sauveur de Bordeaux ?

Titulaire indiscutable dans le système de Jean Louis Gasset, Ben Arfa n’aura pas mis longtemps à conquérir le cœur de la plupart des supporters Girondins. Et pour cause, d’un point de vue statistique, il est le Bordelais le plus décisif, impliqué dans 5 buts en 10 matchs (2 buts et 3 passes décisives), soit presque 50% des buts de son équipe depuis son arrivée.

Le pari d’Alain Roche, dont l’enveloppe mercato proche du néant n’avait permis que le recrutement de Ben Arfa libre, semble donc à première vue être une franche réussite. Mais dans les faits, et surtout au cœur du jeu, est-ce aussi simple ?

Le facteur X

En panne d’inspiration offensive durant les deux dernières saisons (16ème et 12ème au classement des xG), les Girondins semblent avoir retrouvé en Ben Arfa un atout offensif capable de faire la différence individuellement depuis le départ de Malcom au FC Barcelone à l’été 2018. A 33 ans et après un passage raté à Valladolid (150min jouées), Hatem n’a rien perdu de ses qualités et est encore capable de faire basculer des rencontres.

Contre Nîmes HBA parvient à sortir du marquage, prendre Florian Miguel de vitesse et obtenir un penalty
Contre Brest, il crochète Perraud et marque d’un tir rasant au premier poteau

Une très (trop ?) grande liberté sur le terrain  

Aligné derrière l’attaquant dans un 4-2-3-1 en phase de possession Ben Arfa dispose de beaucoup de liberté sur le terrain. Il décroche, dézone, vient parfois chercher les ballons très bas lorsque ses coéquipiers plus bas sur le terrain peinent à la construction. Sa heatmap contre Strasbourg est d’ailleurs très représentative de cela.

Et si les joueurs compensent parfois ses déplacements comme ci-dessous avec Ben Arfa en position d’arrière gauche obligeant Benito à jouer un cran plus haut et décalant Oudin à l’intérieur du terrain…

…il arrive que sa liberté d’expression déséquilibre le milieu. Ici Basic dézone, Ben Arfa ne décroche pas et c’est le no man’s land au milieu.

Une créativité non partagée

Pour sa défense, force est de constater que si Ben Arfa descend si bas chercher les ballons, c’est aussi parce qu’en restant haut sur le terrain, ceux-ci ont du mal à parvenir jusqu’à lui. En effet, là ou Yacine Adli semble avoir le profil pour évoluer comme premier relai dans le double pivot, l’association Otavio/Basic parait trop peu inspirée et s’en remet souvent à Hatem ou aux passes latérales.

En conférence de presse, Basic soulignait : « le coach me demande de jouer simple », on peut alors comprendre la volonté de Gasset de faire évoluer Adli un cran plus haut puisqu’il a parfois tendance à prendre trop de risques dans ses passes. Pourtant, lorsqu’ils ne se cachent pas et sortent de leur zone de confort, les deux milieux devant la défense peuvent créer des décalages et amener du danger, à l’image de cette action contre Strasbourg où Otavio porte le ballon et sert Oudin dans la profondeur…

…qui lui remet en retrait dans la surface. But.

"Hatem, tu n'es pas Messi"

Comme lui disait Emery avant de l'installer durablement dans le loft "Si t'étais Messi je t'adresserais même pas la parole. Tu n'es pas capable de faire gagner l'équipe à toi tout seul." Car aussi génial soit Hatem, il connait quelques trous d'air, parfois fatals à son équipe.

Ici contre Paris, Ben Arfa, venu se placer sur la ligne de Baysse et Koscielny à la relance, tente de sortir seul du pressing de 3 parisiens (Bakker, Neymar, Verratti).

Verratti intercepte, Neymar récupère et se fait déséquilibrer dans la surface par Baysse. Penalty.

De même contre Montpellier, Ben Arfa décroche pour venir chercher le ballon au niveau d’Adli et Otavio.

Après un premier dribble réussi sur Mollet, Hatem tente de dribbler Laborde et Ferri mais perd le ballon. Savanier récupère et lance la contre-attaque Montpelliéraine. A la perte de balle il replie en trottinant, ne suit pas Laborde et lui permet d’attaquer l’espace libre.

Laborde sert Delort qui prend Koscielny de vitesse. But.

Si le 4-4-2 en phase défensive de Gasset est solide, et permet de compenser le peu d’activité défensive de Ben Arfa. Ses pertes de balle dans des zones axiales, et son absence de contre-pressing expose gravement Bordeaux sur transition, surtout quand connait la pointe la vitesse de la ligne défensive (on taira les noms).

Conclusion

Pour conclure, le pari de recruter Ben Arfa semble à première vue réussi. D’une part il vient dynamiter une équipe à la dérive offensivement depuis deux saisons, et d’autre part il endosse un vrai rôle de leader sur et en dehors du terrain (cf son altercation à l’entrainement avec Otavio lui reprochant de ne pas être assez investi).

Néanmoins Jean Louis Gasset gagnerait probablement à être parfois plus strict avec lui notamment sur son positionnement, et l'on peut être inquiet de ce qu'il adviendra des productions offensives bordelaises si le seul et unique créateur de l'équipe venait à se blesser ou à connaître une période de méforme...

Une potentielle arrivée de Jean Lucas, sur le départ coté lyonnais, et qui avait déjà suscité l’intérêt des dirigeants Bordelais au mercato estival, pourrait notamment aider par sa capacité à mettre du liant dans les lignes et à se projeter, en tout cas tant que Gasset refusera à Adli une place dans le double pivot.