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Les droits TV et le droit de rêver

Marronnier des dirigeants du foot français, la faiblesse des droits TV serait de tout temps l'explication de notre indigence à exister sur la scène européenne.

Petit poucet du BIG 5

C'est incontestable, la France n'évolue pas dans les mêmes sphères que ses concurrents continentaux. Les droits domestiques comme les droits cédés à l'étranger sont de faible importance par rapport à ce qui se fait chez nos voisins.

Les meilleurs jeunes partent de plus en plus tôt, et il est souvent impossible de faire venir un joueur d'un championnat majeur quand l'inverse est routine. Mais quand certains clubs angoissent chaque été de perdre leurs meilleurs joueurs, d'autres écuries profitent au contraire pleinement de ce système à travers le trading. 

Si les chiffres sont faibles, le modèle de répartition français semble au contraire excellent, suivant l'exemple de la Premier League. En effet, c'est la PL qui la première choisit de partager les droits TV de façon égalitaire. Leur raisonnement était le suivant : si nous avons 4 équipes extrêmement fortes, mais 16 autres indigentes, alors notre championnat n'aura pas le moindre intérêt et nous ne pourrons jamais en vendre les droits.

Avec une différence de 2:1 entre le club le mieux pourvu et le moins doté, la Premier League prouve que l'égalité profite à tous. Alors qu'on voit ailleurs des différences de l'ordre de 4:1 voire 8:1.

L'Espagne - qui a également récemment changé son modèle de répartition - et l'Italie ont souffert et souffrent encore énormément de ces disparités. Que les yeux du monde soient tournés vers le Clasico est chose certaine, mais quid d'un Leganes - Getafe ?

Il faut des équipes compétitives à chaque place du championnat - y compris en division inférieure pour être certain de la qualité des promus. Chaque match doit être un spectacle. Chaque match doit être une raison supplémentaire pour le fan de regarder son propre championnat plutôt que celui du voisin. A ce jour, penser qu'un Anglais, un Allemand ou un Italien puisse regarder le championnat de France est une pure chimère. 

Concentrons-nous à rendre heureux le public français avant de convaincre les autres de notre valeur.

En France on n'a pas de pétrole, mais on n'a pas d'idées non plus

Le football n'est-il qu'une histoire d'argent ? Si la corrélation entre résultats et masse salariale est incontestable, d'autres leviers sont évidemment possibles. Et le premier n'est autre que le terrain. 

Le succès de la Premier League n'est pas uniquement lié au talent marketing de la Sky, c'est ce qui se passe sur la pelouse qui est attrayant. Historiquement moins tactique que le football de ses voisins, le foot anglais jouit d'une popularité folle car il séduit l'oeil du profane par une morne après-midi d'automne.

Des courses folles, des appels incessants et une haine viscérale du match nul coulent dans les veines des supporters anglais, ce qui déteint forcément sur les joueurs.

L'absence terrible d'ambition dans le jeu, le désir de créer du frisson, de dépasser sa fonction, au risque de découvrir son but est un mal profond du football français. Et bien évidemment, l'obtention de résultats par la frilosité du premier entraineur de France ne risque guère d'arranger la situation.

« Si le public vient chercher des sensations fortes et que le coach propose une partie d’échecs sur gazon, il y en a un des deux qui doit changer de stade… »

Jurgen Klopp

La masse salariale de l'Atalanta et quart de finaliste de la LDC est de 42 millions, Marseille et ses 125 millions nous servira-t-il l'excuse du manque de moyen pour expliquer son néant offensif ?

Le problème de Lyon est-il réellement financier ? Est-ce un manque de talent ?

Car la vérité n'est pas à chercher ailleurs : sans réforme profonde, le football français pourrait bien toucher 2 milliards de droits TV que le spectacle demeurerait tristement identique. Les mêmes entraineurs sexagénaires naviguent d'un poste à l'autre, faisant ruisseler sur pléthore d'effectifs la vacuité de leur jeu. 

Les dirigeants du foot français feraient bien de s'inspirer de la réussite rennaise pour donner leur chance aux idées neuves et novatrices.

Dans un pays aussi formateur que le nôtre, au vivier de talent incroyable, la révolution doit être d'abord culturelle. Et alors, peut-être, l'argent suivra.