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Se réjouir du vide

Nous sommes venus, nous n'avons rien vu, et ils ont quand même vaincu.

Fort heureusement pour joueurs et staff du PSG, la palme de la honte avait déjà été raflée dans la journée par les parlementaires ayant voté la loi "sécurité globale". Néanmoins quelle absolue tristesse de voir tant de talent proposer si peu. Si le calendrier peut expliquer beaucoup, quiconque a regardé l'investissement des autres équipes en lice en C1 (qui disposent d'autant d'internationaux que Paris) sait que la réponse est plus à trouver dans un état d'esprit paresseux qui gangrène depuis fort longtemps ce vestiaire.

On aurait aimé te croire Loic. Sincèrement.

L'organisation

Au lieu de ça on a vu de nouveau une équipe, affronter une somme éparse et incohérente d'individus : Leipzig qui défendait en 442 façon Sacchi avec des milieux qui giclent de la ligne pour presser. Côté Paris Danilo amenait le surnombre à la relance et Paredes était chargé de faire progresser le jeu.

Dès le début du match, les promesses sur une prétendue intensité LDC sont déjà énvolées : Ney-Mbappé abandonnent l'équipe en défense à la 2e minute. Trou béant dans l'axe.

Paredes donne également le ton, avec tes déplacements tout en nonchalance, sans donner l'envie à ses partenaires de casser une ligne.

Un éclair dans la nuit

Pourtant, parce que Paris n'est plus à un paradoxe près, c'est d'une action collective et défensive qu'il gagnera son match. Herrera en bon soldat déclenche un pressing très haut, Di Maria et Florenzi le suivent. Mbappé les regardera.

La scandaleuse ligne offensive

Disposés dans un 433 face à un 343, Paris a deux options dans cette opposition : être très haut sur le terrain suivi par le bloc pour empêcher toute relance et forcer les longs ballons, ou être proche de sa ligne défensive en coupant toute les lignes de passe qui font progresser le jeu. Qu'ont choisi de faire les Parisiens ? On ne le sait toujours pas.

Ca se baladait tranquillement, et puis de temps en temps ça partait en pressing n'importe comment (car non coordonné), ce qui facilitait de fort belle manière la progression de Leipzig.

Mon adversaire progresse avec ballon ? Le moment semble idoine pour remettre mes chaussettes.

Laisser une liberté pleine et entière au meilleur joueur adverse

Il semble clair que Tuchel a demandé à Neymar de marquer Sabitzer. En début d'action, il est toujours proche, il le cherche. Il tente de bloquer que le ballon lui parvienne.

Et puis, à la première course, à la première passe, tout s'effondre, et Sabitzer peut distribuer le jeu de son équipe dans un fauteuil.

Herrera, joueur à la technique limitée mais doté d'une intelligence tactique supérieure à la moyenne de son équipe craque, et dézone pour marquer Sabitzer.

Mais évidemment, Di Maria ne compense rien, et Angelino a un boulevard sur le renversement.

Une indicible passivité

Déjà vue contre United et Basaksehir, la passivité parisienne dans son propre camp est complètement folle à ce niveau. Bien sûr le fait de devoir défendre à 7 au lieu de 10 déséquilibre tout, mais l'attitude de Danilo et surtout Paredes est bien douteuse.

Le porteur non cadré par Mbappé peut casser deux lignes, et en deux passes Leipzig débarque dans la surface parisienne.

Diallo et Marquinhos sont obligés de compenser une nouvelle fois la passivité du duo merveilleux Danilo-Paredes.

Nouveau système, nouveaux problèmes

Le PSG passe à la 50e en 442 zone pour gagner en compacité. Sauf qu'encore une fois un système ça s'anime. Que chaque joueur est censé sortir de la ligne pour presser ou au moins cadrer le porteur, et surtout d'observer toujours ce qu'il se passe derrière soi pour couper la ligne de passe potentielle et la progression. Ici le bloc ne se déplace pas en même temps que le ballon, ils s'alignent pour la forme, ils font la queue au supermarché.

Offensivement Paredes a remplacé Danilo à la relance. Sauf qu'il est censé trouver Danilo-Herrera entre les lignes pour faire progresser le jeu, soit les joueurs les plus en difficulté sous la pression.

Paris est à 1-0 dans le match le plus important depuis le début de saison. On ne demande pas à Neymar-Mbappé qui forment la ligne offensive de presser, juste d'être placé. Et même cette tâche leur est impossible. Ils regardent docilement Upamecano progresser plein centre. C'est lunaire.

Que doivent penser les joueurs du PSG quand ils voient jouer Liverpool et le Bayern, les équipes qui les privent de titre européen ? Neymar-Mbappé sont sont-ils si supérieurs à Salah-Mané-Firmino, ou Lewandowski-Gnabry-Muller pour être dispensés de toute tâche défensive ?

Conclusion

Les Parisiens semblent satisfaits de ce match : ils devaient gagner et l'ont fait. Ils n'ont plus peur du vide, ils l'embrassent. Mais ils oublient vite que le souci n'est pas de "mal gagner" mais de ne jamais mettre en place un jeu qui permet de gagner de manière reproductible. Ils ont perdu hier à Monaco et ont gagné aujourd'hui contre Leipzig de la même façon : sans la moindre idée, et surtout sans le produire le moindre effort.

Mais penser qu'en virant Tuchel le PSG deviendra une équipe c'est se voiler la face. Il suffit de regarder United ou Lyon : ce sont des équipes mal coachées, mais on voit des joueurs actifs, qui courent, qui pressent, qui replient. Ils le font souvent n'importe comment, mais ils le font.

Le souci majeur de Paris est la paresse. La paresse du terrain, la paresse du banc, la paresse des bureaux. Et à ce stade ils doivent tous partir. Parce qu'un staff ou des dirigeants qui acceptent de ses joueurs un tel investissement sans broncher n'ont pas plus leur place dans un club qui se prétend de l'élite.