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Tactique : la menace L2 plane sur Nimes

Arpinon : "Si on peut gagner tous les matchs comme ça (en abandonnant le ballon), allez, pas de problème." Pourquoi selon nous au contraire, Nimes descendra probablement en L2 la saison prochaine si elle renie son identité d'équipe proactive ?

La genèse

Nimes se cherche tactiquement depuis le début de saison. Après avoir commencé avec un style de jeu direct à l'anglaise, exploitant les seconds ballons, puis mettant soudainement beaucoup de monde devant le but, le match contre Angers a mis un coup d'arrêt brutal à cette stratégie.

Puisque contre une équipe organisée tactiquement, ce plan de jeu ne saurait fonctionner (trop d'espaces sont laissés dans le dos si l'offensive échoue), alors pourquoi ne pas totalement abandonner le cuir ?

Les 0-0 contre Lyon et 1-0 contre Reims confortent le coach dans cette solution. La possession c'est trop de migraines.
62% contre Angers : défaite 5-1.
64% de possession contre Metz : défaite 1-0.
63% de possession contre Nantes : défaite 2-1.

Le jeu n'en vaut vraiment pas la chandelle.

Trouver une solution

Avoir un football de possession est surement le défi le plus exigeant de tout entraineur de foot. Comment fait-on mal avec ballon ? Comment éviter de se désorganiser ? Où les joueurs doivent se placer pour créer de l'incertitude ? Autant d'interrogations insolubles pour nombres de techniciens.

La meilleure solution à un problème, c'est encore d'oublier le problème se dit Arpinon. Sans ballon, aucune chance de prendre un but. On va rien lâcher, laisser aucun espace "parce qu'on a des couilles", "qu'on est des guerriers."

Hélas, défendre est aussi un travail.

Un système fragile

Troisième minute du match, Nimes est placé dans 451 bloc bas très compact.

La passe latérale rémoise déclenche le pressing du milieu.

Sauf que la ligne défensive et qu'on voit 5 Nîmois pour 3 Rémois.

Reims est en une passe en 4v4 à 20m des buts.

Cubas défend pour 3, Ferhat pour 0

Sur un centre Cafaro se retrouve seul au 2e car Burner a serré l'axe. Ferhat n'est pas redescendu, Cubas va au charbon.

Tout le monde est bien placé.

Quand soudain Ferhat suit Berisha sans raison. De Smet est libre.

Cubas doit remonter jouer un 2v1.

Toujours un temps de retard

A la perte Cafaro peut progresser. Les Nîmois tentent de l'encercler.

Malgré le 3v1 la ligne de passe n'est pas coupée.

Mbuku qui a pris l'info avant de recevoir fait une passe sans contrôle magnifique.

3 Nîmois sur précipitent sur Dia, oubliant toatalement l'axe (séquence iconique de leurs soucis défensifs : on y reviendra).

Des oublis impardonnables

Dernière minute du match, Zeneli est complètement seul sur corner. Ca frappe la barre.

10e minute contre Lyon, Dubois totalement oublié côté faible.

Sur le centre qui suit les Lyonnais plongent, les Nîmois regardent.

Le bloc complètement aspiré ne remonte plus. Heureusement que le centre n'est pas une spécialité lyonnaise.

La stratégie du banc de poisson

Depay est oublié dans l'axe et le passeur est non cadré.

4 joueurs se précipitent pour lui fermer le jeu. Cherki est seul.

4 joueurs se précipitent sur Cherki. Depay est seul. Ferhat fait la circulation.

Toute l'équipe se précipite sur Depay. Cherki et Toko sont seuls. Ferhat discute avec l'arbitre.

Conclusion

Quand tout va mal, beaucoup d'entraineurs décident de tourner le dos au foot, et d'abandonner totalement la possession. Or, on ne s'improvise pas plus un bloc bas qu'on ne s'improvise un football de possession. Ce sport c'est avant tout des idées, puis énormément de travail.

Tottenham est-il capable de taper City juste en abandonnant le ballon ? Non. Qu'on aime ou non, c'est avant tout un boulot de dingue.

Tout le monde défend, avec pour obsession de bloquer la progression.

Même en cas de décalage on ne se jette pas. La priorité est de couper les lignes de passes. Que le jeu ne puisse progresser, qu'en colmatant un décalage, on en crée un plus important.

Arpinon devait arrêter l'hémorragie, il cherche des solutions. Cela s'entend.

Brest était dans cette position il y a peu : 3 défaites d'affilée et une 16e place au classement. Alors ils choisissent également d'abandonner leur jeu de possession qui les mettait en difficulté sur transitions défensives. Ils bossent pendant la trêve comme des chiens leur animation défensive, puis se servent de tout le travail offensif abattu lors de longues semaines de préparation estivale pour capitaliser leurs contres. Et ça marche : victoires brillantes contre Lille puis Sainté.

Et c'est tout le noeud du problème pour Nimes : ils n'ont de certitudes nulle part, ce qui les met en difficulté partout.