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Tactique : l'Atalanta ne gagnera (probablement) jamais de titres, mais l'essentiel est ailleurs

Comme beaucoup, la Déa est l'une des équipes que je préfère regarder : la fureur avec laquelle ils jouent est juste merveilleuse. Et si j'admire leur courage, je pense que structurellement cette équipe a trop de lacunes pour gagner des titres. Mais que l'essentiel est surement ailleurs.

L'Atalanta défend en marquage individuel, quelle que soit l'opposition. Cette stratégie lui permet de se projeter très rapidement, mais n'offre que peu d'occasions de gagner face aux grosses écuries.

Ici un seul joueur s'oublie, et dès la 15e l'équipe est en grand danger.

Le défenseur s'est replacé, mais il suffit que Salah décroche pour ouvrir la profondeur pour Jota qui se retrouve immédiatement en 1v1.

Aucune couverture possible, le gardien est condamné à l'exploit qu'il ne fera pas.

Autre action contre l'Ajax, mêmes problèmes. Tout le monde est au marquage mais :
1/ Il suffit qu'un joueur n'anticipe pas l'appel en profondeur pour que tout vacille.
2/ Comme les défenseurs suivent leurs joueurs, il n'y a aucune ligne défensive et l'équipe n'est pas protégée par le hors-jeu.

Le latéral est largué, et le central est en une passe obligé de choisir entre abandonner le 9 au point de pénalty, ou laisser l'ailier pénétrer dans la surface.

Sur le premier but même souci concernat la ligne défensive : le passeur n'est pas cadré, et le défenseur garde en individuelle quoi qu'il arrive son joueur alors qu'il suffisait de remonter pour le mettre HJ.

Le high-kick pour provoquer le pénalty c'est du bonus.

Des joueurs qui commettent des erreurs défensives, c'est monnaie courante, mais c'est pour éviter que ces erreurs se transforment immédiatement en situation de but que la défense de zone fut inventée.

Mais ce système défensif inculque aux joueurs de la Déa l'idée du mouvement permanent, soit le sel de leur attaque : sortir du marquage pour toujours trouver la zone libre.

Ici Ilicic décroche puis temporise, et sait que son coéquipier va plonger dans la zone qu'il vient de créer.

Le mouvement appelle le mouvement et absolument tous les joueurs offensifs proposent une solution, bien qu'ils savent qu'ils n'ont que très peu de chance d'être servis, puisqu'il n'y a malheureusement qu'un seul ballon.Cet altruisme dans l'effort est ce qui crée l'incertitude.

Dans une phrase un peu cliché on peut affirmer que les forces de l'Atalanta sont ses faiblesses: contre des équipes plus faibles techniquement et tactiquement la Déa s'offre 3 points facilement. Contre une équipe talentueuse avec des circuits de passes travaillés, la tâche devient impossible.

Mais sa réussite actuelle devrait inspirer bien des équipes : perdre 5-0 ou 1-0 contre Liverpool a-t-il une réelle différence si l'on évolue dans un système qui nous garantit de prendre des points face à des équipes plus faibles ?

D'autant plus quand ce système permet d'obtenir des résultats (presque) peu importe les joueurs sur le terrain. Car c'est par le travail plus que le talent que l'Atalanta gagne. Il suffit donc de trouver un coach qui arrête d'avoir peur d'encaisser des buts. Et de convaincre chaque joueur évoluant sous vos couleurs que les victoires s'obtiendront par la sueur et le sacrifice.

Bergame ne gagnera sans doute jamais le Scudetto, mais Gasperini a mis Bergame sur la carte du foot et a rendu fier ses supporters. N'est-ce pas l'essentiel ?